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Collège Technique, Rue Saint-Gelais : Différence entre versions

De WikiNiort
 
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Origine de l’enseignement technique à Niort

Cour d’Honneur de l’École pratique.
Entrée principale du Collège Technique.
Liste des Enseignants en 1936.
Plan de l’École Pratique en 1923.
Projet d’aménagement l’École Pratique en 1928 (Jamais réalisé).
Quelques professeurs du Collège Technique, année 1945.
Atelier menuiserie 1948 : Michel Vatré, Jean-Marie Grosefinte, Jean Nineuil, Paul Bénèch, Pierre Rateau, Pierre Gousseau, Yves Largeaud… Professeurs : Gaston Beaudet (Collège et Adolphe Mailfert (Centre Apprentissage).
Entrée de l'immeuble devenu le Foyer des Jeunes Travailleurs (1996).
Classe de Terminale Mathématiques et Techniques 1957/1958 : 1e rang : Gabriel, Charrier, Léonard, Tardif, Mandret, 2e rang : Wzgarda, Trillaud, ? , Kervella, Sanselme, Simoneau, Tricot, ? , 3e rang : Poupin, Denoël, Pouvreau, Richard, Marvejols (alias Marius), Bertandeau, Moussion, Robin, Tranquart.

Lors d’une délibération du 28 décembre 1896, le conseil municipal de Niort créait les premiers Cours Pratiques Municipaux. Ces cours professionnels ont fonctionné réellement depuis 1899.

Avant la guerre (14/18), des cours pratiques municipaux se déroulaient alors dans l’Hôtel de la Roulière. La municipalité propose que ces locaux, le matériel et l’outillage de l’école soient utilisés pour une nouvelle École Pratique.

Le 21 août 1916, le conseil municipal de Niort fait une demande au ministère du commerce et de l’industrie. La grande guerre n’est pas terminée, les blessés sont nombreux. La demande ajoute alors une section temporaire spéciale de rééducation des mutilés de guerre.

Le 31 juillet 1917, le Ministre du commerce et de l’industrie signe l’arrêté créant l’École Pratique de garçons de Niort. Cette école ouvre ses portes le 22 octobre 1917 dans l’Hôtel de la Roulière, rue Saint-Gelais.

Trois établissements fonctionnent alors sous la même direction et se partagent les locaux:

  • l’École Pratique qui devient le Collège Technique en 1941. (loi du 15 août, art 9).
  • le Centre de Formation Professionnelle. (Apprentis de l’industrie privée).
  • les Cours Professionnels Municipaux.

L’Hôtel de la Roulière (1) a abrité :

  • le Lycée de jeunes filles de 1886 à 1897,
  • la Chambre de Commerce de 1900 à 1913,
  • l’École Ménagère Agricole des Deux-Sèvres,
  • l’École Pratique à partir de 1917...
(1) L'hôtel de la Roulière fut construit en 1828 par l’architecte Segrétain, pour J. V. M. Chebrou de la Roulière (1768-1845).
Celui-ci était député, maire de Niort et président du conseil général des Deux-Sèvres.
La ville de Niort achète cet immeuble en 1885.
Son architecture d'inspiration égyptienne serait due à l'influence de Samuel Bernard (2), frère de Bernard d'Agesci.
(2) Samuel Bernard (1773-1853) fut élève de l’École Polytechnique en 1794.
Célèbre chimiste et physicien, il fut nommé membre de la Commission des sciences et arts d’Egypte en 1798...

Évolution de l'École Pratique

Ouverte en 1917 avec 42 élèves, elle en compte 148 en 1924, retombe à 80 en 1930.

À la rentrée scolaire de 1941, l’effectif est de 320 élèves.

Un internat est ouvert en 1921, 4 rue Beauchamp, cet endroit fut occupé, par la suite, par les Sapeurs Pompiers. Les salles d’études de l’internat sont rue du Détour. Cet internat fut déplacé dans un immeuble acquit par la ville de Niort 56, rue Basse en 1928. Un projet d’agrandissement fut envisagé en 1928 (Voir Photo) puis abandonné.

En 1931, au 54 bis, rue Basse, une immeuble de trois étages fut édifié.

Le 8 octobre 1934, les anciens ateliers qui appartenait à la ville, 54 bis, rue Basse sont ouverts. Cet immeuble de trois étages contenait 1300 m² d’ateliers. La réussite de ce projet fut l’œuvre de M. Louis Frère, maire de Niort.

Un immeuble situé 6, rue Vieille Rose, fut transformé en salles de classe.

En 1936, le Maire de Niort, Dr Panou, permet l’aménagement de 3 nouvelles salles et d’un préau. La superficie de la cour principale fut doublée, la porte cochère fut ouverte. Un souterrain qui reliait la cour d’honneur et la cour de récréation fut condamné.

Heures d’enseignement au Collège technique

Exemple pour l’année scolaire 1941/1942 :

  • L’école Pratique fonctionne 8h par jour, de 8h à 12h et de 14h à 18h.:
  • 20 heures sont consacrées à l’enseignement général à caractère professionnel.

Les matières enseignées sont :

  • la morale et le français,
  • l’histoire et la géographie,
  • l’arithmétique, l’algèbre et la géométrie,
  • la physique et la chimie,
  • le dessin,
  • l’éducation physique et sportive.

-20 heures à l’enseignement pratique.

  • travaux en atelier pour la section industrielle,
  • travaux de bureau et de comptabilité pour la section commerciale.

Après 3 années d’étude il est délivré un brevet d’enseignement commercial.

Les examens préparés sont :

-section commerciale :
  • - aide-comptable et sténodactylographe.

Après 3 années d’étude, il est délivré un brevet d’enseignement industriel.

-section industrielle :
  • - mécanique générale (mécaniciens-ajusteurs et tourneurs),
  • - forge et serrurerie,
  • - artisanat rural et mécanique agricole,
  • - menuiserie,

La formation de mécanique automobile peut être complétée en apprentissage en une 4ème année.

Un internat de 100 pensionnaires est annexé à l’école.

Cours professionnels pour apprentis

Les cours fonctionnent du début octobre au 31 mars.

Les cours théoriques ont lieu tous les soirs de 18h à 19h30.

Pour l’année scolaire 41/42, les cours sont fréquentés par 300 auditeurs et ont 14 cours différents:

  • 2 cours de français et de correspondance commerciale,
  • 3 cours de comptabilité et de calculs commerciaux,
  • 2 cours de sténographie,
  • 3 cours de dessin de machines,
  • 2 cours de dessin de bâtiment,
  • 1 cours de calcul professionnel,
  • 1 cours de peinture et décoration.

Les cours pratiques ont lieu le samedi après-midi.

Création d’une section d’électricité

En 1945, on n’enseigne pas l’électricité à Niort.

En février 1945, a lieu un conseil de perfectionnement, il est présidé par le préfet René Hudelay et par le député-maire de Niort Émile Bèche. C’est au cours de ce conseil qu’il fut émis le vœu de fonder une section d’électricité.

En septembre 1945, M. Colleau, alors directeur du collège technique, fait une demande auprès de l’Éducation Nationale. Le 8 décembre 1945, le ministère donne son accord. Les crédits furent ouverts avec l’appui des Chambres de Commerce, de Métiers et du S.I.E.D.S..

En 1946, les cours d’électricité sont ouverts et s’adressent alors aux titulaires d’un B.E.I. (Brevet d’Enseignement Industriel) Les cours théoriques sont assurés par M. Schachmann. M. Papot du S.I.E.D.S., complète la formation technologique sur les chantiers et dans ses laboratoires.

  • Une collection de revues « Électricité-Production-Distribution-Utilisation » venant de ce Collège de la Rue Saint-Gelais a été déposée au Musée de l'Électricité, Rue du Musée a Saint-Aignan (56).
  • Ce don de 44 Numéros couvrent les années 1949, 1950, 1951, 1952, 1953. Cette collection a été remise au musée le 22 juillet 2017. (Exemple : voir photo)

Principaux acteurs du développement de l’Enseignement Technique à Niort

Le principal acteur, Jean Ney, fut directeur pendant près de 20 ans de l’École Pratique de Niort.

La chambre de Commerce et la Municipalité de Niort ont œuvré pour l'installation au cours du XXème siècle de cet enseignement.

Les principaux acteurs de l’enseignement professionnel à Niort sont Michel Rougier (négociant) puis les maires de Niort, en particulier Émile Marot et Louis Frère.

Jacques Vandier apporta par sa représentation son soutien au développement de l’enseignement technique à Niort.

Jacques Vandier fut Inspecteur Régional de l’Enseignement Technique et œuvra pour le développement de l’Enseignement Technique.

En 1956, le Directeur du Collège Technique de la rue Saint-Gelais de Niort est M. Dutour. D'ailleurs, les cours vont se poursuivre dans les locaux, au 63, rue Saint-Gelais jusqu’à l’ouverture en 1958 du Lycée Paul-Guérin.

Mais pendant plusieurs années les cours de « Section auto » vont se poursuivre rue Saint-Gelais.

Témoignage d’Alphonse Mandret

À la rentrée 1953 à l’âge de 14 ans, Alphonse intègre le Collège Technique de la rue Saint-Gelais. Il a obtenu le Certificat d'Etudes Primaires et a réussi le concours pour l'obtention d'une bourse. A l'époque, dans l'académie de Poitiers, seuls les Collèges Techniques de Niort et de Poitiers préparaient au Baccalauréat Maths Technique.

Alphonse est le fils d’un saunier et vit à L’Île d’Olonne en Vendée, il sera donc interne. Ses origines lui valent d’être considéré comme « un ventre-à-choux ». Il se souvient de sa tenue obligatoire à l'atelier, salopette et galoches.

En 1953, les réfectoires et l’internat sont situés dans la caserne Dugesclin. (3) (La caserne des pompiers de Niort ayant depuis quelques années investi les locaux de la rue Beauchamp.) Ces locaux ne disposent pas de chauffage ni d’eau chaude…

  • Pour l’année scolaire 1953/1954, Alphonse intègre la 4ème I2. Les classes de 4ème comportent 96 élèves et trois classes : 4ème I1, 4ème I2, 4ème I3.

À cette époque, les places au Collège Technique de Niort sont « chères » le règlement intérieur est sans concessions, la discipline est très stricte. Alphonse rencontre des professeurs marqués par la guerre 39/45, comme Mme Lévy, professeur de Français, M. Marvejols et M. Sardet professeurs de dessin technique... C’est un collège technique avec des cours d’ajustage, de menuiserie et de forge avec M. Migné.

Venant d’une région très catholique, Alphonse est confronté aux traditions protestantes, fortement ancrées dans le sud des Deux-Sèvres. La vie d’interne isole ces jeunes élèves qui sont loin de leur famille, ils n’entrent chez eux qu’à la fin de chaque trimestre.

Pour lui les loisirs sont limités aux activités sportives, Alphonse choisit le rugby au stade Espinassou, il en devient un bon joueur.

  • Alphonse entre en 3ème I2 pour l’année scolaire 1954/1955. Pour cette année les cours sont chargés plus de 40 h par semaine. Les classes de troisième sont alors des classes d’orientation : les 24 meilleurs vont au Bac., les autres en B.E.I.

« Je mettais une cravate rouge pour faire semblant de partager l’idéal politique du professeur d’ajustage... »

Chaque professeur est affublé d’un surnom : « Zato » pour le professeur de dessin industriel, « Cocotte » pour la professeur d’anglais…

  • Alphonse entre en seconde Mathématiques et Techniques pour l’année scolaire 1955/1956.

Il se souvient de la rudesse du froid cette année-là, logeant sous les toits à la caserne Dugesclin : « La neige s’infiltrait sous les ardoises et laissait des traces sur nos couvertures, nous dormions tout habillés. Les canalisations d’eau, les chasses d’eau et même les gants de toilette étaient gelés. »

Alphonse continue le rugby et fait aussi de l’athlétisme, il est champion des Deux-Sèvres au lancer du disque.

  • Alphonse entre en 1ère Mathématiques et Technique pour l’année scolaire 1956/1957. Pour cette année, il se souvient d’une nouvelle professeur d’anglais, jeune et jolie, prénommée Rose appelée Rosy. Mme Rambion (Alice) était la professeur de français que ses élèves appréciaient beaucoup.

Le bal du « bahut » se déroule dans les salons de l’Hôtel de Ville, il est l’occasion de rencontre entre jeunes gens...

  • Alphonse entre en Terminale Mathématiques et Technique pour l’année scolaire 1957/1958 Cette année fut celle de la préparation du Bac., avec l’arrivée d’un nouvelle matière : la philosophie. Il se rappelle son premier sujet de philosophie : « La matière et l’esprit ».

En juin 1958, c’est le passage de l’oral, les résultats du Bac furent tous positifs. Alphonse quitte le collège après 5 années passées au Collège Technique de la rue Saint-Gelais…

« À Niort, malgré des conditions de vie rudimentaires, j’avais vécu des moments merveilleux. »

« Ce fut la première marche de l'ascenseur social pour plusieurs d'entre nous parce que originaires des fins fonds de la campagne et souvent de situations trop modestes pour intégrer un lycée secondaire...»

Il poursuit une brillante carrière professionnelle en passant par l’École des Arts et Métiers d’Angers.

(3) Ces anciens dortoirs de la rue Beauchamp furent utilisés comme caserne des pompiers de Niort pendant quelques années.
Au début des années 70, ils trouvèrent une nouvelle fonction d’hébergement en devenant le « Foyer de le Colline ou l'Étape » permettant d’accueillir des « sans-abri »...
Ils furent ainsi, à cette époque, aménagés pour proposer une trentaine de chambres, une salle de jeux et une bibliothèque…

Sources

  • Archives 79 2O 1629. (Bâtiments).
  • Société Historique des Deux-Sèvres 1939.
  • Histoire de l’enseignement technique à Niort en 1941 (J. Ney).
  • Mémoire des habitants.(Collection de Mme Agnès Giraud épouse Caillet (Promotion : 1945).
  • Hier Sainte-Pezenne.
  • A.E.T.N.(Amicale des Anciens Élèves de l'Enseignement Technique de Niort.)
  • Alphonse Mandret (Nous remercions M. Mandret pour son témoignage).
  • JMD.
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