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EDEN Cinéma de Niort (Historique)

De WikiNiort
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Article en construction 20 juin 2021

Façade " Art Déco " de l'ancien cinéma EDEN (2021).
Façade du Cinéma EDEN après sa fermeture en 1995.

Le Cinéma-Familia ouvre en 1921

La construction de l’immeuble du Cinéma-Familia commence en 1914.

En juillet 1914, ce que l'on nomme le " Cinéma Poulain " doit ouvrir, selon la presse, en octobre 1914...
Le chantier, suspendu pendant la guerre, reprit quelques années plus tard et ne fut achevé qu’en 1921.
La construction fut réalisée par l’architecte Julien Burcier (1874-1959 ) qui habitait au 6, rue de la Comédie.

L’ouverture du Cinéma-Familia se fait le samedi 5 février 1921.

Cette nouvelle salle est chauffée et répond à toutes les exigences de sécurité et de confort.
L’aménagement de la salle fut réalisé par l’ingénieur M. Durerier, le fronton est orné de l’inscription :
" CINEMA FAMILIA ".
Le directeur du Cinéma-Familia est en 1921, M. Jaudeau, en 1926, le directeur est Joseph Masson.
La salle située au 8, rue de la Comédie, comporte 600 places.
La répartition des places et les prix en 1921, se font ainsi :
- Les loges à 4,50 fr.
- Les fauteuils de balcon à 4 fr.
- Les stalles de balcon à 3 fr.
- Les premières dans l’orchestre à 2 fr.
- Les secondes dans l’orchestre à 1 fr.

Remarque : les chocolats Poulain émettent des bons, mentionnant le Cinéma-Familia, pour chaque achat d’un de leur produit.

Les porteurs de ces bons achetés dans les magasins niortais, bénéficient d’une réduction de 50 % pour toutes les places.
Dès 1921, pour cette ouverture, une entente commerciale est établie avec la Société Poulain et le Cinéma Familia.
Le premier film muet projeté pour cette ouverture de 1921 fut : " De la coupe aux lèvres " (sorti en 1920).
En septembre 1927, lors de l’ouverture pour la saison 1927/1928, comme aux années précédentes, un orchestre dirigé par Lucien André accompagne les représentations.
Lucien André (1) joue à chaque représentation un solo de violon.
(1) Lucien André (1874-1939) fut premier prix du conservatoire de Paris et ex-violon solo de l’Opéra Comique.

Henri Senné devient directeur en 1929

Le 13 septembre 1929, le Cinéma Familia, dont Émile-Raymond Garreau est le directeur, est cédé à Henri Senné (1901-1988), ingénieur électricien.
Ce bail doit courir jusqu’au 31 août 1942.
Depuis le 18 octobre 1927, un second bail avait été consenti à la Société Chocolaterie Poulain, celui-ci court jusqu’au 31 août 1945.
Après quelques améliorations, nouvel éclairage, décorations, le Cinéma rouvre le 26 octobre 1929 sous la direction de Henri Senné.

Première séance du cinéma parlant en 1930

Le Cinéma Familia devenu Familia-Palace, rue de la Comédie, inaugure le mercredi 17 septembre 1930, le cinéma sonore.

Le premier film projeté fut : " Les Trois Masques " est un film dramatique français réalisé par André Hugon (1886-1960), sorti en 1929.
Ce film est considéré comme l’un des tout premiers films parlants français.
Les nouveaux appareils : " RCA Pathophone " et projecteur " Simplex " avaient été installés par l’ingénieur Haznadaroff, l’opérateur habituel était M. Avrard.
Un dessin animé : " Mikey mélomane " fit partie du programme.
Pour cette occasion, la salle avait été décorée par l’artisan peintre Fernand Conte, les sièges et dossiers sont maintenant rembourrés.

La presse de l’époque relate cet événement, voir lien ci-dessous.

Lien : -► Première séance du Ciméma parlant à NIORT à l’EDEN en 1930
Film de Léonce Perret de 1931 sur les écran du Familia-Palace, en mars 1932.

L’Eden en 1935

Le Familia-Palace, rue de la Comédie, devient l’Eden-Palace en 1935, Henri Senné en est toujours le directeur.
Mme Pierrette Bourgine dirigera la salle de spectacle de 1935 jusqu’en 1953.
Le mercredi 8 mars 1939, un violent incendie ravage l’immeuble.

Une nouvelle salle est alors reconstruite, appelé Eden-Cinéma.

Le mercredi 14 octobre 1942 a lieu l’inauguration de la nouvelle salle de l’Eden en compagnie de Henri Senné et de son père Ferdinand Senné.
Cette nouvelle salle de l’Eden de 1000 places, fut l’œuvre de l’architecte André Guillon (1896-1992).
Les différents corps de métiers ayant permis la réalisation de cette salle sont :
- Gaston Migault maçonnerie,
- M. Vallet, menuiserie,
- M. Magneron, peinture,
- Robert Lusson, électricité,
- Gaston Gibeault radio-électricité
- Mme Bonnier, ameublement…
Remarque: Dans les années 1950, le Cinéma Eden accueille le Ciné-Club de Niort, à l’initiative de Pierre Audier, professeur de Lettres à Fontanes.
La façade est ornée de 2 bas-reliefs symétriques, symbolisant le spectacle et la musique.

Fin du Cinéma l’EDEN et fermeture définitive en 1995

En 1953, l’Eden change de propriétaire des fonds, M. et Mme Bourland deviennent les nouveaux patrons.

Jacques Domingie et son épouse Pierrette sont les directeurs de la gérance libre de Raymond Gautreau de Bordeaux.
En 1972, Paul-Henri Bedin achète les fonds de l’Eden.
De novembre 1972 à avril 1988, et exploite le Cinéma après de nombreuses modifications.
Paul-Henri Bedin modernise l’Eden, il transforme la salle de 800 places en 4 salles d’une capacité de 733 places, dont l’une contient 400 places assises.
Le " Dolby stéréo " apporte un grand confort d’écoute des films Gaumont, un large public est alors au rendez-vous.
À partir de 1979, le groupe CGR exploite les cinémas : le Rex et le Donjon à Niort.
En 1988, le groupe CGR acquiert les fonds du cinéma de l’Eden à Paul-Henri Bedin.

L’Eden ferme en mars 1995, après le passage de la commission de sécurité.

Commence alors une dégradation progressive et inéluctable des bâtiments, l’ancien cinéma est vendu en janvier 2002 (Voir photo).
Les murs appartenaient jusqu’à ce jour aux petits enfants de Henri Senné, la famille Lorentz.

Témoignage d’une ouvreuse en 2002

Agnès Caillet montre sa collections d'autographes récoltés à l'EDEN (2002).
Dans cette période, après la seconde guerre, le Cinéma et les différents spectacles, sont très prisés par les niortais et leurs voisins.
Quand les spectateurs entrent dans la salle de spectacle, il sont chaleureusement accueillis par une ouvreuse.
Celle-ci, toujours une dame, place les entrants dans la salle selon sa propre organisation, méthode obtenue par l’expérience.

Les séances de cinéma, se décomposent en deux parties :

1 - Les actualités relatant les informations politiques et les faits divers récents, les lieux touristiques de la France,
2 - La projection du film à l’affiche.
Entre ces deux séquences, l’ouvreuse propose aux spectateurs différentes friandises.
Marguerite Landart exerça ce travail pendant 25 ans depuis 1929 à 1952.
Elle est remplacée par Agnès Caillet qui va exercer cette activité de 1952 à 1964.

Mme Agnès Caillet témoigne en janvier 2002 :

« C’était une bonne ambiance, nous étions quatre ouvreuses, de fière allure, en jupes noires, chemisiers blancs et coiffées d’un boléro rouge.
Le travail était un peu dur, pendant mes douze années d’exercice, je n’ai connu que quinze jours de vacances.
Point de repos pendant les dimanches et jours fériés, l’Eden faisait trois séances par jour.
Je ne percevais pas de salaire, juste des pourboires,
Heureusement, les spectateurs étaient généreux en ce temps-là…
Pendant la projection de Violettes Impériales avec Luis Mariano (film de 1952), on vendait des bonbons à la violette venus de Toulouse.
Je retiens la projection de Ben Hur sorti en 1959, qui a tenu tout un mois... »

Agnès cite les personnages qu’elle a eu la chance de rencontrer : Mick Micheyl, Tino Rossi, Georges Brassens, Annie Cordy, Lisette Jambel, etc…

Collectionneuse, Agnès avait conservé les autographes de nombreuses vedettes rencontrées à l’Eden (Voir photo).

Sources

  • Mémorial des Deux-Sèvres 1914, 1921, 1927, 1930, 1932, 1937, 1942.
  • NR 1953, 2002.
  • Archives 79
  • Nous remercions Brigitte, la fille de Mme Caillet pour son témoignage.
  • JMD et BM
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