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Grippe espagnole à Niort en 1918

De WikiNiort
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Article en construction : 19 avril 2020

Arrivée de l’épidémie de grippe espagnole à Niort

Le savon est considéré comme le premier rempart à cette épidémie.
Au moment où la France termine cette terrible guerre de 14/18 et s’apprête à signer l’armistice, une autre épreuve se prépare.

Le 29 septembre 1918, selon la presse, on pense que Niort va échapper à l’épidémie de grippe espagnole qui sévit partout en France.

La maladie semble bénigne, les cas graves sont rares...
On recommande toutefois l’observation rigoureuse des règles d’hygiène.

Le 4 octobre 1918, l’état sanitaire de Niort se détériore et fait naître des rumeurs alarmistes.

Une épidémie de grippe, venue du sud, sévit à Niort comme dans presque toute la France et ailleurs.
Cette grippe, plus violente que d’habitude, revêt deux formes :
-pulmonaire et gastro-intestinale.
Les affections pulmonaires entraînent de graves complications qui vont pour certains être fatales.
On demande d’appliquer les strictes observation des règles d’hygiène connues de tous.
  • Un médecin niortais préconise le moyen préventif suivant :
-Se laver la bouche et se gargariser plusieurs fois par jour avec de l’eau boratée.
-S’introduire dans les narine un tampon d’ouate imprégné d’antiseptique comme par exemple de l’huile goménolée.
  • Un médecin de l’Académie de médecine de Lyon, M. Raphaël Dubois préconise l’emploi du quinquina jaune.
Ce produit réduit en poudre sera mélangé avec du café noir et absorbé par cuillerées, trois à quatre fois par jour.

Les services américains présents à la gare de Niort ont fait placer aux robinets qui amène l’eau du Vivier : «  Not drinking water ».

Cette indication n’était pas pour rassurer les victimes de dérangement gastro-intestinal du à cette mauvaise grippe.
Dans la Vienne, département voisin, le préfet avait fait ajourner la rentrée des élèves.
La grippe est une affection essentiellement contagieuse, elle ne présente pas ordinairement un caractère de gravité.
  • Pour cette fois cette grippe dite " espagnole " est bien plus dangereuse :
-Il faut prendre toutes les précautions pour éviter de contracter la maladie.
-Il faut veiller au soins de la bouche en utilisant de l’eau bouillie avec de l’eau oxygénée très diluée.
-Il faut éviter les grand rassemblements, les réunions nombreuses, les foires les marchés, théâtres, cafés, cinémas, concerts etc…
Ces lieux favorisent la propagation des " germes " qui y trouvent un milieu favorable...
-Il faut désinfecter à l’eau de javel ou au sulfate de cuivre (50g par litre d’eau).
-Il faut faire bouillir le linge dont se sont servis les malades.
-Les malades gravement atteints devraient être isolés chez eux ou à l’hôpital..

Les édiles se veulent dans un premier temps rassurant en minimisant le nombre de décès consécutifs à cette épidémie.

  • Alphonse Bourreau, Maire de Niort en 1918, va alors lister les points importants que devront respecter ses administrés.
Les deux exemples listent les décès enregistrés les 26 et 28 octobre 1918. ( " Cliquez sur l'image pour l'agrandir ")

Le Maire de Niort liste les mesures de précautions à adopter

Selon l'âge des personnes atteintes et leur résistance individuelle, il est difficile d'édicter des mesures de protection précises.

Toutefois le Maire de Niort croit devoir recommander à ses concitoyens de prendre les précautions suivantes :
Faire bouillir l'eau employée comme boisson.
Ne consommer les légumes et les fruits qu'après un lavage à l'eau bouillie et de préférence après cuisson.
Procéder matin et soir à de larges ablutions ; savonner soigneusement les mains avant de manger.

Laver la bouche avant et après chaque repas avec, de l'eau bouillie boratée ou de l'eau oxygénée étendue de 4 fois son volume d'eau, bouillie.

Tenir la maison très propre ; arroser les cabinets d'aisance avec une solution de créoline ou de sulfate de cuivre ou de tout autre désinfectant.

Détruire les mouches qui constituent un réel danger pour la propagation des maladies.

Isoler le malade aussi rigoureusement que possible - chambre et lit séparés-: pas de visites sans nécessité absolue.
Revêtir, pour soigner le malade, une blouse ou un peignoir qu'on enlève pour sortir de la chambre.

Ne pas prendre de repas dans la chambre du malade.

N'accorder aucune confiance aux nombreuses recettes préconisées au hasard comme préservatifs ou remèdes.

Demander aussitôt que possible les conseils ou les soins d'un médecin.

Les responsables nationaux donnent des instructions

Deux médecins étrangers vont pallier en partie à la pénurie de médecins niortais touchés par la grippe.

Vers le 20 octobre, le Docteur Roux directeur de l’Institut Pasteur, a émis l’avis que par un simple nettoyage humide suffisait à la désinfection et éviter la contagion de la grippe...

  • Par contre, il appartient aux familles de prendre certaines mesures de prophylaxie telles que :
- Le port du voile pour les personnes qui soignent les malades.
- Le lavage des mains après le contact avec les malades
- Le nettoyage humide des locaux après maladie…
  • En raison de l’épidémie de grippe, le préfet Rang des Adrets émet un arrêté exécutoire, en date du 3 novembre 1918 :
- les établissements scolaires, publics ou privés, avec ou sans internat, sont fermés jusqu’à nouvel ordre,
- Toutes les réunions d’ordre récréatif, telles que les représentations cinématographiques et théâtrales, sont interdites.

Nombreux décès consécutifs à cette épidémie

Entre le 2 octobre et le 2 novembre 1918, on a enregistré à l’état civil de Niort 236 décès contre 55 pour la même période en 1917.

Le pic de l’épidémie, à Niort, s’est situé entre le 19 octobre et le 2 novembre 1918, elle a été la cause de 155 décès contre 36 en 1917.

Le plus grand nombre de ses victimes décèdent pendant leur séjour à l’Hospice.
Les victimes sont souvent dans la force de l’âge, de 1 à 50 ans, mais tous les âges : hommes et femmes, sont également touchés.
Pour exemples, les 26 et 28 octobre 1918 on enregistre un nombre de 14 et 13 décès (Voir photo).
La moyenne constatée journellement sur l'état civil de Niort en décembre 1918 n'est que 3 ou 4 décès.
Cette population atteinte n’est pas constituée que de Niortais, mais de personnes des communes voisines, d’étrangers au département et aussi de réfugiés.
La plupart des inhumations des victimes ont lieu au Cimetière des Sablières.
On note sur l’état civil de Niort du 7 octobre, le décès de Eugène Fleuret 42 ans, fossoyeur, et celle de son fils Désiré, âgé de un an, habitant rue de Strasbourg.
  • La maladie d’un fossoyeur et la disparition d’un autre, ont créé une situation particulière qui obligea la municipalité a faire appel, pour pallier à ce manque de main-d’œuvre :
- aux pensionnaires de l’asile d’aliénés,
- à 10 cavaliers mis à la disposition par le Commandant de la Place de Niort,
- à des prisonniers allemands...

Fin de l’épidémie de grippe

Par un arrêté prescrit par le préfet des Deux-Sèvres sur avis du conseil départemental d’hygiène du vendredi 15 novembre :

- Les établissements de spectacle ouvrent le 23 novembre,
- la rentrée de toutes les écoles se fera le 25 novembre.

Cette épidémie a duré environ 2 mois, octobre et novembre 1918.

Remarques

En 1918, on note :

  • En temps d’épidémie, prendre des mesures de protection n’est plus seulement un devoir vis-à-vis de soi-même, c’est un devoir envers la collectivité.
En 1918, un médecin de l’Académie de médecine de Lyon, M. Raphaël Dubois préconisait l’emploi du quinquina jaune. (Voir chapitre 1).

En 2020, la " Chloroquine ", objet de contre verse, est un médicament, en simplifiant, dérivé de la quinine extraite de l’écorce du quinquina.

Les consignes et les préconisations données dans cet article, sont ceux d’une époque révolue, bien que les règles d’hygiène subsistent...
En 2020, la distanciation physique fait partie des consignes la plus recommandée...

Sources

  • " Mémorial des Deux-Sèvres " (1918).
  • Niort de 1914 à 1925 (André Texier.)
  • JMD
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