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MAROT, histoire de l’Usine, Rue d’Antes

De WikiNiort
Présentation de l'Usine en 1930. (Ph 1)
Publicité convaincante (Ph 2)
Maison Marot Av de Limoges, avant sa destruction. (1958) (Ph 3)
Vestiges Usine Marot en 2000. (Ph 4)
Vestiges Usine Marot en 2003 (Ph 5)
Vestiges Usine Marot, vue d'ensemble (2006). (Ph 6)

Création de l’usine Marot

Cette usine fut construit à l'emplacement de la métairie d'Antes qui fut vendue le 15 juin 1851. (Voir photo 19)
La construction de cette usine date donc de la 2eme partie du XIXe siècle.
En juin 1860, au concours général d’agriculture de Paris, le trieur exposé par Jules Marot a obtenu le premier prix.
Ce trieur est très ingénieux et sépare complètement l’orge, l’avoine et le seigle du froment, il se vend 250 fr.
La machine a égrener le trèfle, exposée a ce même concours a aussi obtenu le premier prix, il se vend 500 fr.

C’est Jules Marot qui fait breveter, le 25 octobre 1865, (N° 38 441) un trieur à alvéoles, double cylindre, pour séparer le blé en deux parties.

Jules était d’abord marchand quincaillier, ainsi que son frère Hilaire.
En juin 1882, Jules Marot obtient la grande médaille d’or au cocours agricole d’Albi pour son nouveau trieur à nettoyer la graine de trèfle.
Jules et son frère Hilaire s'associe pour créer cette usine, rue d'Antes, appelée (Société Marot frères).
En janvier 1902, l'entreprise est cédée à Émile Marot, fils de Jules Marot.
Émile Marot est né le 19 septembre 1857 à Niort et décédé le 10 avril 1952 à Niort.
Il est le fils de Jules Marot et de Elisabeth Pellerin qui résident alors, rue Basse, à Niort.
Après des études au lycée Fontanes, Émile Marot obtient le diplôme d’ingénieur à Poitiers.
Émile Marot fut le principal collaborateur de son père avec son frère René, il fait breveter plusieurs inventions :
-l’ensachage automatique des grains,
-le trieur à quadruple effets : ventilation, émottage, criblage, triage,
-la turbine à air permettant le triage et la sélection par différence de densité,
-le cheminement des grains par conduits hélicoïdaux extra cylindriques, etc...
Émile Marot créa une usine moderne, rue d’Antes, près de la source du Vivier.

La maison Marot acquiert une réputation nationale.

En 1889, elle participe à l’Exposition universelle en exposant ses trieurs. (Ph 18)
Cette usine fut équipée d’outillage perfectionné pour la fabrication en série et pour une production intensive.
L’organisation commerciale fut aiguillée sur l’exportation.
À partir du 27 janvier 1902, Émile Marot dirige seul l’usine.
En 1921, M. Laproste est directeur de l'usine.
L’usine fabrique en 1830 plus de 120 000 trieurs...
Les trieurs pouvaient être utilisés pour les céréales, le légumineuses, les haricots, le colza, le lin, la moutarde, pommes de terre.
Mais aussi pour des produits plus exotiques : riz, cacao, arachides, poivre etc...
Son usine est divisée en différent ateliers :
- Ajustage,
- Tôlerie,
- Fonderie,
- Menuiserie,
- Montage,
- Emballage…
Émile Marot est secondé dans la direction de son usine par ses deux gendres : M. Émile Taudière et Georges Rondeau.
Les Marot disposent aussi d’une usine en Italie.
Le 30 décembre 1935, Émile Marot cède à ses deux enfants Jean-Pierre-Marie et Jean-Émile-Marie, étudiants, demeurant au 18, rue Yver à Niort, 50 parts de l’Usine d’Antes.
L’usine a employé à son époque florissante plus de 200 personnes.

À la même époque, l'usine de Trieurs Marot avait un concurrent important à Niort : les Trieurs à grains Clert-Biscara.

Anecdotes de 1970

En septembre 1970, Maxime Grolleau et son épouse, concierges de l’usine depuis 1933, prennent leur retraite.
Maurice Tauran, tourneur depuis 47 ans (1923), obtient la Médaille d’or du travail des mains de Jean Marot, directeur de l’usine en 1970.

Émile Marot : Homme Politique

D’abord conseiller municipal en 1892, il devient maire de Niort pour la première fois en 1904 à 1908.

Il redevient maire de Niort de 1919 à 1925.
Il est élu conseiller général de 1907 à 1927.
Il est aussi élu député en 1919.
Très impliqué dans la vie économique de Niort, il est partie prenante dans les créations :
- de la Chambre de Commerce, qu’il présidera jusqu’en 1937,
- du Syndicat intercommunal électricité des Deux-Sèvres (SIEDS),
- de la Banque Populaire,
- de la gare de triage,
- du syndicat d’initiative,
- il met en place " les fourneaux économiques " (1) rue Brisson destinés à donner des repas gratuits aux pauvres… (Ph 15).
Émile Marot est élevé à la dignité de commandeur de la Légion d’honneur, le 8 mars 1930, par le Ministre du Commerce.
(1) L’œuvre des Fourneaux Économiques fut fondée en 1896, sous le patronage de la Loge : " Les amis de l’Ordre ".

L’usine pendant la guerre 14/18

L’usine fut réquisitionnée pour produire des obus et aussi pour équiper d’étriers les Hussards, comme ceux de la caserne de Niort. (Ph 13).

En 1915, Émile Marot écrit au maire de Niort (son remplaçant). (Ph 14).
Il lui demande de mettre à disposition, pour son usine, deux machines-outils, afin de fabriquer des obus explosifs.
Pendant cette période, il fabriquait aussi des étriers pour les cavaliers militaires (Hussards).
Son fils Marie-Jean est tué en 1914 sur le front de la guerre en septembre 1914.

Fin de l’usine

Après la seconde guerre mondiale, l’évolution des techniques agricoles font appel aux herbicides.

Les trieurs à grains deviennent obsolètes, aucune autre alternative de production de l’usine Marot n’est prévue.
Après la disparition d'Émile Marot en 1952, c’est son gendre, Émile Taudière qui prend la direction jusqu’en 1967.
C’est Edmond Brillaud qui dirige l’usine jusqu’à sa fermeture.
L’usine ferme définitivement en 1980.
La famille Marot se séparent alors de ses propriétés,
- Son château à Poitiers,
- Sa demeure bourgeoise, 61 avenue de Limoges, achetée par la ville en 1958. (Ph 3).
Cette maison sera détruite et l’espace libéré est aujourd’hui occupé par l’inspection académique depuis 1970.

Aujourd'hui, on peut visiter la " Grotte Marot ", propriété de la ville de Niort.

Façade entrée de l'ancienne Usine Marot (2016). (Ph 7)

Tergiversations sur l’utilisation de ce site

La ville de Niort a acheté ce site en 1995, l’usine est située dans un périmètre qu’il faut protéger.

En 2000, l’ensemble de l’usine qui occupe une surface de 14 000 m², est en ruine. (Ph 4).
Que faire de cet ensemble?
La ville a tenté, en vain, d’inscrire ces bâtiments à l’inventaire complémentaire des Monuments Historiques.
Le 29 octobre 2001, le conseil municipal approuvait un projet d’aménagement qui consistait :
-à démolir les bâtiments en mauvais état,
-à conserver ceux qui présentent un intérêt architectural,
-à conforter et rénover les bâtiments à conserver,
-à aménager des espaces verts, en lieu et place des parties démolies…
En 2003, on pense que les bâtiments préservés pourraient peut-être sous réserve d’agrément, abriter le local technique du personnel d’exploitation du personnel des Eaux. (Ph 5).
En 2006, après avis de l’architecte des bâtiments de France, une partie typique de l’architecture industrielle va être conservée. (Ph 6).
La cheminée de 25m de hauteur, utilisée pour la fabrication de la fonte, sera abattue, elle était devenue trop fragile.
Un fronton sur la rue du Vivier sera conservé et aménagé. (Ph 7).
L’emplacement est occupé depuis 2007 par les Services Techniques du Syndicat des Eaux du Vivier.

Sources

  • Orientation économique et financière 1930.
  • NR : 1957, 1970,2000, 2003, 2006...
  • Archives 79.
  • Mémorial des Deux-Sèvres 1851, 1860, 1882, 1902, 1936.
  • Les Affiches du Poitou 1917.
  • Texte, illustrations et mise en page : Jean-Michel Dallet.
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