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Quai de la Regratterie : Différence entre versions

De WikiNiort
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Localisation à Niort du Quai de la Regratterie

Situé entre les Vieux Ponts et le |Jardin des Plantes sur la rive gauche d’un bras de la Sèvre, le quai doit son nom au terme regrat.
Le regrat signifie la vente au détail et de seconde main de menues denrées : sel, charbon, grain, mais aussi des produits issus de la chamoiserie : laine, crin, huile de poisson provenant des foulons, découpes de peaux par exemple pour la fabrication des gants etc.
Par extension la regratterie est le lieu où l’on vend ces produits de seconde main.

Origine de l’activité de la chamoiserie

L'activité de la chamoiserie à Niort est attestée dès le 12e siècle.

Son développement est lié aux caractéristiques de la Sèvre :

- la qualité de ses eaux pour le nettoyage des peaux,
- un débit suffisant pour entraîner les moulins à foulons,
- sa navigabilité depuis l'océan...
Ainsi, via le Port fluvial de Niort, la navigabilité permet dans un sens le transport de l'huile de poisson nécessaire aux traitement des peaux et dans l'autre sens leur exportation.
Après sa naissance dans le quartier du Pelet (aujourd’hui quartier de la préfecture), la chamoiserie se développe dans celui de la Regratterie, véritable quartier des chamoiseurs à partir du 16e siècle.

Développement du Quai

Malgré l'ancienneté de l'implantation des chamoiseurs dans le quartier de la Regratterie et l’importance économique de leur activité ce n'est qu'après le passage de Napoléon 1er à Niort, le 7 août 1808, qu’est lancé le projet de construire un véritable quai pour faciliter leur travail.
En effet, l’empereur est soucieux d’aider les entreprises de chamoiseries qui assurent l'emploi (2) et qui sont d’importants fournisseurs de la Grande Armée ( gants, culottes de peaux... ).
(2) En 1807, 44 entreprises emploient près de 1500 ouvriers.
À la suite de cette visite, un décret impérial, daté du 10 septembre 1808, précise :
« Un quai sera construit à Niort le long des fabriques de chamoiserie.
Le port sera réparé et curé. À cet effet un fonds de 32000Fr sera porté au budget des Ponts et Chaussées, exercice 1809 ; savoir 20000Fr pour le quai et 12000fr pour le port ».

Dans le devis intitulé : « des ouvrages à faire pour le quai de la chamoiserie », les Ponts et Chaussées présentent l’état des lieux, précisent le but du projet et les travaux à effectuer.

En voici un extrait :
« Jusqu'à présent, la ville de Niort, si renommée pour ses fabriques de chamoiserie n'a aucun établissement… d'abord facile près de la rivière pour le lavage des peaux...
Il n'existe actuellement rien le long du quartier de la chamoiserie qui puisse présenter l'image d'un quai.
On y aperçoit que des restes de l'ancien mur de la ville...
Les eaux viennent baigner le pied des maisons qu’on a bâties sur différents niveaux.
Le but du projet... est de procurer aux fabriques de la chamoiserie le plus de facilité possible pour le lavage des peaux...
Pour cet objet... on a cru devoir s’en tenir au projet suivant : ... la construction d'un quai en forme de trottoir de 5m de largeur avec un glacis de la même largeur du côté de l'eau...
Sa hauteur est fixée à tel point que les riverains pourront de tout temps travailler sur son glacis dans toute sa longueur...
On plantera... un ou deux rangs d'arbres aquatiques tous les 4m. : l’un en haut au pied de l'arête du trottoir, l'autre en bas du glacis.
Ces arbres serviront à garantir les travailleurs des ardeurs du soleil l'été.
Il sera placé des bornes de 4m en 4m... le long du trottoir qui serviront à l’amarrage des paquets de peaux qu'on laisse flotter dans l'eau ».

Le quai est achevé dès 1809 et est conforme au devis des Ponts et Chaussées. (Voir carte postale de 1903).

Quai des Chamoiseurs

Au 19e siècle la chamoiserie niortaise est en plein essor.
Le quai de la Regratterie voit se multiplier les fabriques et ateliers.
Au tournant du siècle, on y compte 11 patrons chamoiseurs, gantiers ou mégissiers dont voici les principaux noms :
– Degré Louis, Auguste
– Delezay Jean
– Plantiveau Pierre, Alexandre
– Main Abel, Auguste (aucun rapport avec Thomas Jean MAIN)
– Rouland
– Tivard
– Baujet Frères
– Main Alphonse (aucun rapport avec Thomas Jean Main)
– Plisson
– Martin-Bastard
– Lombard
La plupart de ces patrons construisent en bordure du quai de belles demeures avec au rez-de-chaussée les ateliers et aux étages leurs appartements (voir photos)

Après la première Guerre Mondiale deux grandes entreprises dominent la chamoiserie : Boinot à Niort et Rousseau à Saint-Liguaire.

Le quai de La Regratterie connaît alors un lent déclin au début du XXe siècle.
Ainsi en 1921, seuls 2 patrons sont recensés sur le quai :
- Antoine Main au N°2 et Rousseau Aristide au N°70.
En 1928, on recense ces 2 patrons et 2 ouvriers gantiers.
En 1936, il ne subsiste qu'une fabrique : Rousseau Veuve et fils aux N°70/72.
Après la seconde Guerre Mondiale il n'y a plus de chamoiseur sur le quai. Son état ne cesse de se dégrader.
Aujourd'hui, le quai a été rénové tout en conservant le plan d'origine (Voir photo).
Il est devenu un lieu de promenade menant au Jardin des Plantes, à la piscine de Pré Leroy, à l'ancienne usine des eaux, à l'ancien moulin du Pissot et à la Source du Vivier.

Certaines maisons bordant le quai ont été réhabilitées. C'est le cas par exemple de celle située au N° 70/72 :

- Construite par André Bastard en 1865, cette chamoiserie est reprise par Ludovic Martin-Bastard en 1908.
- Elle est rachetée dans les années 1920 par Aristide Rousseau et transformée en ganterie vers 1930.
- En 1938 cette activité est transférée dans l'usine Rousseau à Saint-Liguaire.
- Les bâtiments sont alors transformés en logements. Récemment réhabilités, ils conservent les abat-vent caractéristiques des séchoirs de la chamoiserie (voir photo).

Sources

  • –Internet : wikipedia et wikiniort.
  • –Annuaires de 1921, 1928 et 1936.
  • –Archives départementales série 3O 1091, voirie urbaine, travaux, quai de la Regratterie

1807-1847.