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Sainte Pezenne, son nom et sa relique

De WikiNiort
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Sainte-Pezenne est une ancienne commune. Elle s’appela autrefois Tauvinicus, puis Tauriniacus ou Thorignac.

Sous la révolution, en l’an II (1793), elle devint Pezenne. Enfin, en 1801, sous le consulat, elle prend le nom de Sainte-Pezenne.

Le 16 avril 1965, elle fusionne avec la ville de Niort. Aujourd’hui, elle est l’un des 9 quartiers de la ville.

Le texte qui suit présente l’histoire de Sainte Pexine, l’odyssée de ses reliques et le retour de celles-ci à sainte-Pezenne.

Les origines du nom

Eglise de Sainte-Pezenne, où la relique de Sainte Pezenne a été déposée

Sainte-Pezenne doit son nom à une Sainte d’origine espagnole : Sainte Pexine, appelée aussi Pécine (Peccina en espagnol).

L’histoire de cette Sainte est intimement liée à celle de 2 autres Saintes : Macrine et Colombe.

Leur histoire, dépourvue de certitudes, mêle suppositions et légendes.

Macrine, appelée aussi Magrine et surtout Maigrine dans le langage populaire, vivait dans la 1ère moitié du VIIIème siècle. Elle avait pour sœur Colombe. Issues d’une famille noble, elles se consacrent au Seigneur. Bientôt elles virent arriver près d’elles une compagne animée des mêmes sentiments, c'était Pexine. Cette dernière était d’origine espagnole ce qui fait penser que les deux Saintes sœurs pouvaient être du même pays.

Quoiqu’il en soit, elles se rendirent en Aquitaine et vinrent s’établir dans le Poitou, à proximité de Niort. Elles y firent bientôt construire un sanctuaire en lieu et place d’un temple voué à un culte païen, celui du dieu Thor (dieu germanique du tonnerre, de la pluie et de la fertilité). Mais un seigneur voisin, du nom d’Olivier, ayant entendu parler de leur beauté, ordonna à ses gardes de les capturer. Colombe fut prise. Averties en songe des dangers qu’elles couraient, Macrine et Pexine s’enfuirent. Après 7 jours de marche, accablées de fatigue, elles s’arrêtèrent pour se reposer. Mais tout à coup Macrine vit Pexine expirer.

Aidée par de généreux chrétiens, Macrine fit transporter les restes de Pexine dans un village près de Niort sur la rive droite de la Sèvre. Ce village appelé alors Tauvinicus, c’est aujourd’hui Sainte-Pezenne.

Quant à Macrine elle se réfugia sur une butte de la petite île de Magné. Ce fut là qu’elle vécut et mourut en paix. En reconnaissance, la population nomma ce site « butte Sainte Macrine ».

L’odyssée des reliques

A l’époque médiévale, la recherche de protection divine par les populations consacre l’adoration pour les deux Saintes. Sur le coteau dominant la Sèvre, rive droite, un sanctuaire est construit en raison de la ferveur suscitée par la présence puis la mort de Peccina. Une fréquentation importante explique aussi l’Invention (1) du corps de la Sainte en 1098, selon la chronique de Saint-Maixent publiée par Marcheguay.

En 1101, Guillaume le Jeune d’Aquitaine fait don des reliques à Hugues de Vermandois qui les emmène dans sa capitale, Saint-Quentin.

En 1557, après la prise de cette ville par Philippe II d’Espagne celui-ci les offre à sa sœur Marie, impératrice d’Allemagne, qui en mourant la lègue à son pays, l’Espagne.

C’est ainsi qu’au XVIe siècle les reliques de Peccina vinrent où elles furent retrouvées en 1950.

(1) L’invention est le fait de trouver un trésor, des reliques...

Le retour des reliques à Sainte-Pezenne

Le reliquaire abritant la relique de Sainte-Pezenne
L'Abbé Morice lors d'un mariage dans les années 60

C’est à la rencontre de l'Abbé Morice, curé de la paroisse de 1941 à 1972, avec M. Maurice Béguin, directeur des archives départementales, habitant Sainte-Pezenne, que l’on doit d’avoir retrouvé les reliques de la Sainte.

Ainsi, en 1950, les recherches de M.Béguin confirment que les reliques sont en Espagne et plus précisément au monastère de Saint Laurent de l’Escorial (2). C’est donc avec cette assurance que l’abbé Morice entrevoit la possibilité de leur retour.

Débute alors une série d’échanges épistolaires, avec d’abord les archives nationales d’Espagne, puis avec le conseil supérieur des investigations scientifiques à Madrid et enfin directement avec l’Escorial. Dans ce contexte, le soutien de l’évêché de Poitiers et les relations en Espagne de l’abbaye de Ligugé furent précieux.

Le 21 décembre 1954, le prieur du monastère de l’Escorial remet au Nonce Pontifical représentant Pie XII un petit morceau des reliques de sainte-Pezenne consistant en la phalange d’un doigt.

Le 11 février 1955, la relique est remise à l’abbé Morice à Paris par le légat du pape. L’abbé la remet ensuite à l’évêché de Poitiers dans l’attente d’un retour solennel à Sainte-Pezenne. La date en est fixée au 26 juin 1956.

Ce jour-là (Voir l'article de journal), au château de Burbaillon, rue d’Antes, Mgr Vion, évêque de Poitiers, remet solennellement la relique dans sa châsse de verre à l’abbé Morice. Puis une procession emmène la relique à l’église de Sainte-Pezenne où elle se trouve aujourd’hui.

Pour informations, une paroisse de Loire-Atlantique près de Nantes, Sainte-Pazanne, a également Sainte-Pezenne comme Sainte patronne. Elle a donc souhaité être associée à ce retour. Mgr Villepelet, évêque de Nantes, en fit la demande à l’évêché de Poitiers. Un petit morceau de la relique fût donc séparé. Mgr Vion, évêque de Poitiers, la remit à Mgr Villepelet le 5 avril 1956.

(2) L'Escorial : palais construit par Philippe II d’Espagne de 1563 à 1584 à environ 50 km au nord-ouest de Madrid. Autour de l’église où se trouvent les tombeaux des rois d’Espagne, sont groupés les appartements royaux, un monastère et une célèbre bibliothèque.

Représentations de Sainte-Pezenne

Trois représentations symboliques sont visibles dans l'église:

  • Un tableau situé à droite représentant Sainte Pezenne avec un fond de ciel d'orage. (Voir Photo).
  • Une petite statue de plâtre signée Pieraccini et datant de la fin du XIXème siècle, située à gauche du Chœur.

Dans cette statue, Sainte Pezenne écrase avec ses pieds un serpent, symbole de tentation dans l'évangile. (Voir photo).

  • Un vitrail situé à gauche représentant St-Pexina. (Voir Photo).

Ce vitrail fut réalisé en 1854 par L’abbé BOINOT « curé-artiste » de Frontenay Rohan-Rohan.

L’abbé BOINOT réalisa aussi un autre vitrail représentant Saint Jacques (le Majeur), l'un des douze apôtres, frère de Jean l'Évangéliste.

Cloches de Sainte-Pezenne

Les cloches de Sainte Pezenne furent fondues en 1739 sur l'ancien cimetière de l'Église Notre Dame.

Ces cloches furent réalisées par Jean-Baptiste Lebrun et son fils, fondeurs ambulant, dans le fourneau construit pour la réalisations des cloches de Notre Dame.

Bénédiction de deux cloches en 1776

Le 24 mai 1776, 2 cloches furent baptisées en présence de plusieurs illustres personnes et du prêtre Guillaume Duvaudais, curé de Saint-Pezenne.

  • La première cloche pèse trois cent quatre vingt livres (190 kg), elle fut bénie sous l’invocation de Sainte-Catherine et Saint Pierre.
Son parrain est Messire Jacques Charles Bidault, écuyer, chevalier seigneur de la Chauvetière.
Sa marraine est Perrine Catherine Forien, veuve de Messire Michel Amateur Avice écuyer chevalier Seigneur de Mougon Surimeau.
  • La seconde cloche pèse trois cent quatre livres (152 kg), elle fut bénie sous l’invocation de Sainte-Anne et Saint Pierre.
Son parrain est Messire Thibault Avice de Mougon, fils de Perrine Catherine Forien veuve de Messire Michel Amateur Avice, écuyer et seigneur de Mougon Surimeau, lui-même.
Sa marraine est Anne-Pierre de Neuville, épouse de Messire Jacques Charles Bidault, nommé ci-dessus.

Sources

  • Brochure : « Reliques de Sainte-Pezenne, le retour » par M Pierre Cailleton.
  • Vie des Saints du Poitou et des personnages d’éminente piété par Charles de Chergé. 1856
  • BSHS des DS/ Mme M.M.Céri.
  • J. Berthelé Enquêtes campanaires (1903).

Remerciements

  • Nous tenons à remercier M.Favrelière des "Amis de l’église de Sainte-Pezenne" qui nous a procuré le manuscrit rédigé par M. Pierre Cailleton.
  • Nous remercions M. Jean-louis Cailleton pour nous avoir permis d’utiliser le manuscrit rédigé par son père.


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