Merdusson (Ancien canal traversant le centre de Niort)

De WikiNiort

Article en construction : 14 mai 2026

Niort intra-muros

La configuration géographique du centre ville niortais fait apparaitre deux collines qui se font face.

-La colline Saint-André qui s’élève d’au moins une quarantaine de mètres,
-La colline Notre-Dame de seulement une vingtaine de mètres.

Selon Augier de la Terraudière, la tradition est qu’autrefois, dans le territoire où est bâti la ville de Niort, il y avait deux bourgs.

Le premier bourg était situé sur la montagne ainsi appelé la paroisse de Saint-André le second était situé sur la colline de la paroisse de Notre Dame.
Les deux bourgs étaient ainsi séparés par un marais qu’il fut nécessaire d’assécher pour y construite les halles anciennes et permettre le développement de la ville intra-muros.
Anciennes halles de Niort.

Le canal du Merdusson

Entre ces 2 collines un ruisseau canalisé fut réalisé, appelé Merdusson. (Voir photo)

Ce ruisseau de par sa position recevait toutes les déjections qu’il entrainait vers la Sèvre.
C’était un canal pestilentiel à ciel ouvert ou couvert de dalles de pierre mal jointes.
Fait pour éviter l'inondation dans la ville basse, le Merdusson devint bientôt une cause d'insalubrité, surtout au moment où la peste ravagea notre contrée.
Ce canal recevait donc le trop-plein de la source de Bouillounouse, selon le bruit qu’elle fait en sortant de terre..
La source ou fontaine de Bouillounouse située à faible hauteur qui prend sa source sur les hauteurs à l'est de la ville.
Ce vallon marécageux se relève dans terrains du Bas Paradis puis communique avec la Sèvre par une passe étroite dont le fond correspond avec les rue du Minage (Ricard), des Halles (Victor Hugo) et de Brisson.

Une grande inondation ayant dévasté la ville de Niort vers la fin de 1747, l'ingénieur a préparé un devis des réparations nécessaires, et devant être exécutées en 1748.

Ce devis s'élève à une somme de trois cent quarante et un mille cinq cents livres. Il comprend la réparation du Pont sur la Sèvre communiquant avec le faubourg du Port, l'ouverture d'une nouvelle porte dans les murs, la construction d'un aqueduc pour l'écoulement des eaux de Bouillounouse, le dessèchement des rues et le curement du canal de la navigation de la ville. La porte qu'il était, question d'ouvrir était la porte de la Brèche, la quatrième de la ville.
En 1885, la ville fit construire un égout rue des Acasias (Rue Henri Clouzot) et le Merdusson fut désaffecté.
Ce canal qui contenait le Merdusson est aujourd’hui est entièrement souterrain.
Il s’écoule entre la Place de la Brèche et la Sèvre (Voir photo).
Les caves des maisons qui bordent son tracé furent jadis fréquemment inondées.
L'église des Cordeliers (Aujourd’hui : Le Temple) fut beaucoup haussée pour limiter la hauteur des inondations.

Le Merdusson au XVIIe siècle

  • « Au XVIIe siècle, le canal du Merdusson commençait au bout des halles, du côté du minage, devant l'hôtel des Trois Pigeons (1) que possédait Joseph Doreil (2). Dans cet endroit un pont en recouvrait l'ouverture. Après avoir côtoyé les halles le canal entrait dans la rue de l'Herberie, passait devant l'hôtel du Cheval Blanc tenu par Jehan Leroy et devant lequel se trouvait encore un pont ; puis traversant la rue Saint-Jean, il pénétrait dans la rue qui porta son nom. Au bout de la rue du Merdusson, le canal passait sous la venelle qui faisait communiquer la rue avec les halles, à côté de la maison de Perrette Senné, veuve de Rolland Thibaut, échevin. Contournant l'extrémité des halles, du côté du Château, et entrant, devant le placiste du Château, sous la maison de Jehan Esserteau, il traversait la rue du puits Nallier (3) puis longeant la maison de Daniel Couras, à laquelle pendait l'enseigne de la Pine d’Or, et passant dans les fondations de l'ancienne prison criminelle qui est une construction du XVe siècle, le Merdusson coulait parallèlement à la rue du Pont et se jetait dans la Sèvre près de la Porte du Pont (4), à côté de la tour qui lui empruntait son nom... »
(1) Le 19 janvier 1820, une ordonnance royale autorise la ville de Niort a acquérir une partie de l'ancienne auberge dite des Trois-Pigeons afin d'y établir un passage de communication (Passage du commerce).
(2) Joseph Doreil, sieur des Pigeons, marchand à Niort, né le 10 mars 1559, il avait épousé Françoise Magneron.
(3)  Puits Nallier au carrefour des rues Basse, du Pont et Cloche-Perce,
(4) Fortifications médiévales de la ville

Sources

  • Bulletin de la Société de Statistique, Sciences Lettres et Arts des Deux-Sèvres (1882).
  • Texte, illustrations, mise en page : Jean-Michel Dallet.